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Conduisez votre bus touristique
City Tour, ce n’était pas trop mon style de jeu, et la faute revient surtout à sa direction artistique, très enfantine. C’est typiquement le genre de détail qui peut piéger pas mal de joueurs : on se fait une idée du jeu avant même d’y toucher. Je repense, par exemple, à Insomnia chez Gigamic, qui a complètement fait chou blanc parce que sa direction artistique était jugée trop “jeunesse”. Résultat : on le retrouve aujourd’hui en rayon à 5 à 10 € grand maximum, même en neuf.
Du coup, c’est avec cet a priori-là que j’ai décidé de ne pas l’acheter. Sauf que ma compagne, elle, n’était pas du tout de cet avis, et elle a choisi de le prendre quand même. Et me voilà maintenant à vous donner mon ressenti général sur City Tour après quelques parties au compteur.

Fidèle à son habitude, Blue Orange nous propose un livret multilingue pour City Tour. Mais, fort heureusement, le français est placé en première position : j’ai déjà croisé des jeux où il se retrouve perdu au milieu… et en pleine partie, devoir remettre la main sur un passage de règle dans ce bazar, c’est franchement pénible.
Bref, parenthèse refermée : les règles de City Tour sont très accessibles. Le jeu propose plusieurs missions qui servent de tutoriel et permettent d’apprendre progressivement le peu de règles qu’il y a. Je suis très fan de ce genre d’initiative : ça aide à mettre rapidement les autres joueurs dans le bain. Une fois les bases assimilées, on ajoute ensuite 2 ou 3 petites règles pour augmenter la difficulté. Et comme, dans City Tour, une partie ne dépasse jamais 20 à 30 minutes, c’est parfait pour en enchaîner une deuxième… à condition que le groupe accroche.
Côté lecture, c’est clair et sans prise de tête : aucun souci à signaler, et ça respecte la charte graphique du jeu. On retrouve notamment un code couleur qui permet de différencier les différents scénarios. Comptez 3 à 4 minutes pour apprendre les règles, et à peu près autant pour les expliquer. Bref : du tout bon.
Jouez en coopération pour construire une route et faire avancer un bus dans Paper City. Votre objectif est de ramasser des voyageurs en chemin et de les déposer aux bons sites touristiques, afin de réussir l’objectif de la journée. Si, à la sortie de la ville, vous avez satisfait les demandes, vous validez la journée et vous passez à la suivante.
- Chacun joue à tour de rôle dans le sens horaire. Lors de votre tour, vous suivez ces étapes :
- Piochez 2 tuiles Routes : une de chaque pile. Regardez-les.
- Choisissez-en une, et placez-la devant le bus, dans n’importe quelle orientation.
- Défaussez l’autre (elle sort définitivement du jeu).
- Faites avancer le bus jusqu’au bout de la route que vous venez d’ajouter.
Attention : vous n’avez pas le droit de faire demi-tour ni de revenir sur vos pas city-tour
Récupérer des voyageurs
Pendant son trajet, le bus va croiser des voyageurs dessinés sur les tuiles Routes. Pour chacun, prenez un pion de la même couleur dans la réserve et placez-le dans le bus. Ce dernier a une capacité maximale de 6 voyageurs : s’il est plein, vous ne pouvez plus en prendre jusqu’à ce que vous en déposiez quelque part city-tour
Déposer les voyageurs aux bons sites
Dès que le bus passe devant un site touristique, tous les voyageurs de la même couleur que le site descendent.
Comparez alors ce que vous venez de déposer à l’objectif de la carte Journée :
- Si vous avez déposé autant ou plus que ce qui est demandé : parfait, les voyageurs restent sur le site jusqu’à la fin de la partie.
- Si vous en avez mis moins : l’objectif est raté pour ce site, et vous devez remettre ces voyageurs dans la réserve city-tour
Remarque : il est possible qu’un site soit bloqué à cause d’une mauvaise pose de tuile. Ce n’est pas grave si vous pouvez encore atteindre les autres objectifs.
Quand la Fin de journée arrive...
La journée se termine quand le bus quitte la ville. Vous regardez alors la carte Journée et vérifiez si les sites touristiques ont bien reçu tous les voyageurs demandés.
- Si oui, vous passez à la Journée suivante.
- Si non, vous recommencez cette Journée depuis le début



C’est un jeu d’optimisation, avec une mécanique qui flirte clairement avec le pick up and delivery. À chaque tour, vous piochez deux tuiles, puis vous allez devoir en placer une en l’ajoutant à côté d’une tuile déjà posée, de façon à prolonger le réseau de routes. On est sur un principe qui peut rappeler Tsuro : on construit petit à petit un “chemin” avec des tuiles, et tout l’intérêt est de composer avec ce qui arrive plutôt que de dérouler un plan parfait depuis le début.
Et c’est justement ce que j’aime beaucoup ici : on se rend vite compte qu’on n’a pas forcément besoin de se tordre le cerveau pendant dix minutes à chaque tour. La mécanique fait que ça avance vite, les choix sont lisibles, et on peut rester dans un rythme fluide tout en ayant ce petit côté “optimisation” qui donne envie de faire mieux que le tour précédent. On réfléchit juste ce qu’il faut : assez pour avoir le plaisir de bien jouer, pas au point de ralentir la table.
Autre point très appréciable : quoi qu’il arrive, la partie avance. Même si votre tour n’est pas incroyable, même si la pioche ne vous sourit pas, vous n’êtes jamais bloqué au point de ne plus pouvoir jouer. Vous allez toujours réussir à faire progresser le bus, et, tôt ou tard, vous finirez par le faire sortir de la ville, ce qui signe la fin de partie.
Au final, ça fait un jeu accessible, rapide, et assez malin dans sa simplicité : on pioche, on pose, on ajuste… et on se surprend à vouloir relancer une partie pour tenter un parcours plus propre, plus rentable, ou juste mieux maîtrisé.
Je ne suis quasiment jamais déçu par Blue Orange. Côté qualité, on est toujours dans le haut du panier : comme dans Kingdomino, on retrouve de belles tuiles bien épaisses, avec un fini légèrement “plastifié” au toucher, très agréable… même si ça ne fera sans doute pas plaisir à tout le monde côté écolo.
Je vais chipoter un peu, mais le petit bus fourni dans la boîte ne roule pas, et je trouve ça vraiment dommage. Je suis sûr qu’il y aurait eu deux ou trois joueurs (moi le premier) capables de retomber en enfance en le faisant avancer le long de la route pendant la partie.
À part ça, franchement, je ne vois rien d’autre à redire. Pour un prix autour de 25 €, tout respire la qualité, y compris la boîte. Évidemment, la direction artistique peut en rebuter certains, mais je ne vais pas forcément y revenir : j’en ai déjà parlé plus haut.

Au final, City Tour est exactement le genre de jeu qui peut me faire mentir à moi-même : derrière une direction artistique très enfantine (qui, clairement, peut freiner), je découvre un jeu très bien édité, ultra accessible, et surtout hyper fluide. Les règles sont simples, les missions font bien office de tutoriel, et la mécanique “je pioche / je pose” marche immédiatement : ça avance, ça reste lisible, et j’ai souvent envie d’en relancer une pour faire mieux.
Là où ça coince pour moi, c’est sur la durée. Une fois l’effet découverte passé, les choix finissent par se ressembler et la répétition s’installe si j’enchaîne trop de parties. Résultat : je le vois surtout comme un jeu d’ouverture, un jeu familial, ou un jeu “entre deux” pour lancer une soirée sans prise de tête, avec un matériel vraiment solide et un rythme nickel… à condition, évidemment, d’accrocher à son univers et de ne pas en attendre plus que ce qu’il propose.

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